La cerise sur le barbeau

Publié le 17 Septembre 2012

Pour changer des carpeaux, petite sortie à... chépatrokoi.

Dans l'hésitation, je prend un peu tout ce qui me passe sous la main comme cannes.

On verra bien ce qu'on fera. "On", parce que j'attends à la mi-journée un travailleur forcené de l'éducation nationale qui termine son dur labeur en fin de matinée.

(Oui, je sais, c'est pas beau la jalousie, mais tant de journées passées au bord de -et dans- l'eau alors que d'autres triment dans leur bureau, ça frise l'indécence. Le plus beau métier du monde... ça y est, j'ai compris pourquoi!!)

Bref, en attendant le Mammifère, je vais voir s'il n'y a pas un ou deux barbeaux qui traînent, transition équilibrée en poids et taille entre les tartes aux pommes et les petites noiraudes du Morvan.

Les baîîîîîtes semblent là comme en témoignent le premier qui part avec ma pointe en 10/100 et le second avec la nouvelle que je venais de monter en 16/100 ( arf, peut-être une question de ferrage et de tension, ça fait 4 mois que je pêche en soie de 10 et 33/100 fluoro...)

Mais à peine un 3ème bas de ligne monté et voilà déjà l'éducation nationale qui me rejoint. Postés comme des cormorans affamés sur un banc de hotus, nous harcelons derechef les pauvres moustachus (avec un succès certain et agaçant de mon compère qui a ce jour la nymphe miracle, celle que nous cherchons tous, celle que nous avions comme certains spécialistes de Tochtonie montée en série de 1 et perdue il y a un certain temps dans cette traître vorgine...)

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Et les barbeaux, gros et moins gros, de s'enchainer, plus ou moins régulièrement, pour notre plus grand bonheur.

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Tout à coup, alors que rien dans la météo de ce jour ne le laissait présager, un kikinou s'invite au milieu des barbeaux, aussitôt repéré par le corps enseignant, tel le cancre du fond de classe tentant un inespéré et vain coup d'oeil furtifsur la copie de son voisin.

Mais la bestiole, estimée à 80, ne s'attarde pas et le temps que j'aille chercher l'artillerie restée dans ma voiture, elle disparait sous un couvert végétal.

C'est noté.

Nous avons poursuivi cette partie de pêche jusqu'à ce que, pris de remord vis à vis des chères têtes blondes qui devaient attendre impatiemment le lendemain pour boire la coupe de l'apprentissage portée à leur lèvres par le puisatier de la source du savoir, le Mammifère s'en retourna troquer la 9 pied contre le crayon, la nymphe contre la gomme.

Bref, il était à la bourre dans la préparation de son cours du lendemain...

De mon côté, je décidais de prolonger le jeu avec mes copains à moustaches (ceux de la rivière, hein, pas ceux du Fucking Blue Boy!) une petite heure de plus. De plus, je comptais bien faire passer un streamer devant le museau du bec venu prendre son bain de soleil.

Finalement, j'étais assez intéressé par ce petit recoin de la rivière avec cet arbre mort qui trempait dedans et, plutôt que d'attaquer directement le brochet identifié, je lançais mon plumeau sous l'arbre. le coin puait la poutre, ou du moins la grosse solive.

Confirmation au 2ème shoot sous l'arbre. A la troisième traction le carbone a plié sévère, la baîîîîte est montée en surface comme dans les films de porn fish, c'est là que j'ai pu voir que ce n'était pas le précédent qui avait changé de poste.

Quelques tentatives de rushes plus tard, je posais la baîîîîte sur un lit d'eau entre deux rochers pour la mesurer: 1.04m de robe vert et charbon luisaient au soleil de septembre.

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La photo rapidement prise (trop rapidement peut-être, d'ailleurs!!), je le faisais glisser dans le courant pour l'oxygéner.

C'était la cerise sur le barbeau...

PS: à l'heure où j'écris ses lignes, de malheureux élèves dorment du sommeil du juste, sans se douter que demain leur professeur sera en totale absence mentale, déjà en train de préparer une nouvelle partie de pêche... Car l'enseignant est fourbe, il attaque dans le dos des honnêtes travailleurs et aurait, j'ai eu ouïe-dire, fait craquer les gencives d'un 97 ce jour en représailles de ma cerise...

Rédigé par broc_oliver

Publié dans #brochet à la mouche

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